· 

Tout (ou presque) sur la mesure F.P.S.

 

La mesure SPF in vitro au service de l'in vivo.

C'est un grand sujet pour ceux qui s'interressent à la protection solaire et sa législation...

Le spectroradiomètre à transmission sert à mesurer in-vitro les formules cosmétiques.

Vous me demandez régulièrement si les cosmétiques Ô De Lie contiennent des filtres solaires  et j'en déduis que cela vous tient à cœur. Connaissez-vous le protocole qui se cache derrière le numéro inscrit sur le packaging ?

Comme vous l'avez certainement lu sur ce site, j'ai travaillé 18 ans pour Christian Dior Parfums et Cosmétiques.

La mesure solaire, comme on l'appelait en interne, était un de mes domaines. Je connais bien le S.P.F. (Sun Protection Factor en bon français, appelé aussi FPS au Québec) pour avoir analysé tous les cosmétiques LVMH Recherche (Dior, Guerlain, Givenchy) ainsi que certains de nos concurrents. Je vais donc tenter de vous expliquer comment ça se passe, depuis l'élaboration d'un cosmétique jusqu'à l'apparition du facteur de protection sur l'emballage...Vaste sujet ... dont voici la version simplifiée. 

 

Pour déterminer l'indice de protection solaire d'un cosmétique il faut connaitre sa résistance aux UVA (cancérigènes) et au UVB (bronzage) [Je résume mais c'est à peu près ça] Ces UV sont compris dans l’intervalle de rayons qui vont de 380 à 780 nanomètres et qui correspondent au spectre des couleurs (avant ce sont les rayons X et au delà ce sont les ondes radio) Quand il s'agit d'une crème solaire Water proof (résistance à la baignade) le procédé est le même mais on met la crème en situation dans des bains d'eau tiède, plus ou moins longtemps.

Les courbes de SPF et UVA donnent des images comme sur la photo ci-contre.


L'appareil qui permet de faire de telles mesures s'appelle un spectroradiomètre à transmission.

Le mien était un OL 754 qui soit dit en passant coûtait la bagatelle d'une petite maison... c'était la Rolls Royce de la mesure solaire de l'époque !

Le principe est de faire passer la lumière d'une lampe (qui imite la lumière du soleil ) au travers une plaque transparente et rugueuse (du PMMA sablé à une granulométrie bien déterminée en général) Il faut mesurer la transmission avant et après l'application du produit. Pour la mesure UVA on répète l'opération plusieurs fois sur la même plaque + produit après l'avoir irradiée longtemps dans un appareil appelé suntest. Pour résumer : la différence de transmission va nous indiquer le taux de protection. Il s'agit là de mesure "in vitro" dont les étalement sur la plaque répondent à un protocole très précis : 35 mg sur 5 cm carrés, appliqués d'une certaine façon pendant un temps bien précis d'étalement. L'usage est de mesurer 10 plaques et de faire la moyenne et l'écart type qui nous donneront une quelconque indication avant de continuer. Cette étape aide les formulateurs à ajuster les doses de filtres chimiques ou physiques à incorporer dans la crème.  Lorsque l'on a une idée approximative de l'indice de protection, il reste à envoyer notre échantillon de crème en analyse "in vivo". En effet, la mesure "in vitro" n'est pas encore reconnue par la législation. Et pour cause, l'étalement, bien que très contrôlé, reste malgré tout aléatoire, et soumis à la dextérité de l'opérateur ainsi qu'à la texture du produit mesuré...


Les tests "in vivo" sont réalisés par des laboratoires indépendants qui font appel à des volontaires à peau saine. Ces gens sont payés pour prendre des petits coups de soleil dans le dos. Les réactions sont différentes selon les phototypes...(voir photo ci-contre des différents phototypes.) Ces personnes reçoivent une certaine dose de "lumière solaire" sans crème puis avec crème. C'est le temps de réaction pour obtenir un érythème qui nous intéresse. La différence entre les 2 mesures permet de calculer l'indice de protection.


Avant de procéder, ces laboratoires nous demandent auparavant la mesure "in vitro" obtenue en interne. C'est à partir de ce moment là qu'il peut y avoir des dérives : soit le labo va s'ajuster au SPF recherché , soit il va rester intègre, au risque de nous déplaire... pour avoir mené une étude sur le sujet, je sais que pour un même produit annoncé à différents SPF, envoyé dans différents labo, on obtient des résultats "in vivo" bien différents eux aussi !

 

C'est lorsque l'on reçoit les rapports des mesures "in vivo" on peut inscrire le SPF sur le produit.

A l'heure actuelle, les différents groupes (comme le COLIPA qui est le groupe européen) se réunissent et tentent de mettre au point des méthodes de mesures internationales afin de faire reconnaître légalement les analyses "in vitro". En effet, s'ils arrivent à déterminer des protocoles réellement fiables et adaptés aux différentes textures, il pourrait y avoir moins de dérives qu'avec les mesures "in vivo".

Depuis que le soleil est devenu dangereux le marché des crèmes solaires à explosé et l'utilisation de filtres chimiques (j'en connaissais plus de 80 différents) semble presque normale lorsque l'on parle de protection solaire. Pourtant malgré toutes ces crèmes protectrices, les cancers de la peau continuent de faire des ravages... de plus en plus... sur des personnes de plus en plus jeunes...

Question : l'usage des ces filtres chimiques n'y serait-il pas pour quelque chose ?

Qui de l'oeuf ou la poule ? ...

Dans le doute abstiens toi... pas de filtres chimiques dans les cosmétiques Ô De Lie. Cela ne veut pas dire qu'ils sont sans SPF : les matières premières naturelles ont leur propre SPF (indice de réfraction des huiles par exemple), et l’oxyde de zinc est utilisé en tant que filtre physique dans certains produits.

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Chloé Denis (mardi, 10 janvier 2017 16:04)

    i